Hajj 2016 – Pèlerinage à la Mecque – Hajj et Omra amélioration de ses conditions

Erreurs faites au cours des 10 premiers jours du mois de Dhul-Hijjah

Erreurs faites au cours des 10 premiers jours du mois de Dhul-Hijjah

Par Soulaimane CHEMLAL, psychologue musulman

http://avantlheure-groupe.com/

 

 

Cette synthèse a été réalisée à partir d’un article de Cheikh Hamid Al-‘Aliyy, il y a trois ans maintenant.

Bismillâh

Ces 10 jours correspondent aux 8 premiers jours du mois, plus le 9e jour du mois, qui est le jour de ‘Arafah, le cœur du pèlerinage, plus le 10e jour du mois, qui est celui du ‘Îd-ul-Adhhâ – la fête du Sacrifice.

Le mois de Dhul-Hijjah est l’un des 4 mois sacrés de l’année.

Le mois de Dhul-Hijjah est le dernier mois de l’année lunaire. Il est riche en spécificités puisqu’il est sacré, et qu’il contient des jours particuliers, notamment le jour de ‘Arafah. Ces 10 premiers jours de Dhul-Hijjah sont l’occasion d’adorations spéciales.

Beaucoup d’hommes essaient de se rapprocher d’Allâh à ce moment-là, mais font les choses de manière incorrecte, notamment en innovant. Or les innovations (bid’ah) sont des égarements qui mènent à l’Enfer car elles provoquent la colère d’Allâh, et non pas Sa satisfaction.

INTRODUCTION

L’auteur a tenu à mettre en garde les lecteurs sur les erreurs le plus souvent commises, afin que nous les évitions.

Durant ce mois, dont les 10 premiers jours sont extraordinaires, il y a des actes surérogatoires à accomplir, qui vont nous rapprocher d’Allâh. De quoi bénéficier peut-être d’une partie de la miséricorde d’Allâh et du bonheur dans les deux mondes. De ce bonheur qui protège des difficultés :

  • de la mort,
  • de la tombe,
  • du pont sur lequel on va passer le jour du Jugement.

Il semble que la spécificité du mois de Dhul-Hijjah vienne du fait que c’est le moment où se rencontrent l’ensemble des adorations les plus importantes :

  • la Prière,
  • le Jeûne,
  • les Actes de générosité
  • le Pèlerinage

Ce mois est unique et c’est la seule occasion dans l’année d’accomplir toutes ces adorations dans le même temps.

LES ERREURS GÉNÉRALES

• 1re erreur

Mal apprécier cette période. Faire de ces 10 jours des jours identiques aux autres en ne leur accordant pas l’importance qui leur est due. Comme il y a des grandes vertus dans ces jours et qu’AllÂh les a distingués, nous devons également les distinguer.

Hadith chez At-Tabarâniyy : Il n’y a aucun jour dans lequel les bonnes actions sont plus aimées par Allah que dans ces dix jours-là.

• 2e erreur

Ne pas augmenter les tasbîh, tahlîl, takbîr, et tahmîd : Soubhânallâh, Lâ ilâha illallâh, Allâhu Akbar, Al-hamdu lillâh.

C’est pourtant obligatoire pour le croyant. Il doit commencer le takbîr dès que le début du mois de Dhul-Hijjah est commencé et le faire le plus souvent possible. Et jusque la fin du 13e jour du mois seulement.

Sourate 22, Al-Hajj, v. 28 : …pour invoquer Allâh aux jours fixés (ma’lûmât)…

Sourate 2, Al-Baqarah, v. 203 : …invoquez Allâh aux jours comptés (ma’dûdât)…

Ibnu ‘Abbâs, compagnon du Prophète, ‘alayhi salâm, a expliqué que dans la sourate Al-Hajj, il s’agissait des 10 premiers jours de Dhul-Hijjah et que dans la sourate Al-Baqarah, il était question des 3 jours qui suivent la fête : les 11e, 12e et 13e jours, que l’on appelle Ayâm At-Tashrîq.

Selon un récit rapporté par Al-Bukhâriyy : Ibn ‘Umar et Abû Hurayrah allaient au marché et faisaient le Takbîr à haute voix, afin que les gens, en les voyant faire, les imitent. Cela leur servait de rappel. Pour les hommes, il est important de faire takbîr à haute voix dès qu’ils y pensent. Mais cela ne doit pas être fait en récitation collective. Chacun doit le faire pour lui-même. Pas d’innovations pour ces takbîr : pas de musique en accompagnement, pas de balancement d’autistes, pas de danse. Pas de formules de rappel inventées, surtout quand elles contiennent de la mécréance et de l’idolâtrie.

• 3e erreur

Les femmes ne doivent pas faire le takbîr et le tahlîl à haute voix. Il n’a pas été rapporté que les femmes du Prophète, ‘alayhi salâm, le faisaient à haute voix en public. On n’invente rien.

• 4e erreur

Récemment, est apparue une nouvelle innovation avec des ajouts dans la formule du takbîr. Seules 2 formes sont reconnues authentiques pour le takbîr :

  1. Allâhu akbar Allâho akbar lâ ilâha illallâh wallâhou akbar wa lillâhi-l-hamd.
  2. Allâhu akbar Allâhu akbar Allâhu akbar kabîrâ

• 5e erreur

Jeûner les jours de Tashrîq, c’est-à-dire les 11e, 12e, 13e jours du mois de Dhul-Hijjah : cela a été interdit par le Prophète, ‘alayhi salâm. Ce sont des jours de fête, de manger et de boire.

Hadith chez Muslim : Le jour de ‘Arafah, le jour du sacrifice, les jours de Tashrîk sont des jours de fête pour vous, les gens de l’islam. Ce sont des jours de manger et de boire.

• 6e erreur

Jeûner quelques jours dans le mois de Dhul-Hijjah alors qu’on a encore des jours de Ramadhâne à rattraper. En effet, les jours de jeûne de Ramadhâne sont obligatoires, alors que ceux de Dhul-Hijjah ne le sont pas. Or, l’obligatoire doit passer en priorité.

Note : Cela est l’avis du cheykh, alors que beaucoup d’autres, comme ch. Al-‘Utheymîne, sont d’avis que c’est possible puisque le prochain mois de ramadhâne est encore loin.

D’autre part, il n’y a aucune preuve pour penser qu’on multiplie la récompense en rattrapant les jours de ramadhâne le jeudi et le lundi durant ces dix jours.

LES ERREURS DU JOUR DE ‘ARAFAH (9E JOUR)

• 1re erreur

Ne pas jeûner le jour de ‘Arafah est une grande erreur, car c’est le meilleur jour parmi les 10.

Hadith chez Muslim : Le jeûne de ce jour-là efface les pêchés de l’année passée et ceux de l’année à venir.

Cette règle vaut pour tout le monde sauf pour les pèlerins, car il est interdit de jeûner à ‘Arafât le jour de ‘Arafah.

• 2e erreur

Ne pas faire beaucoup d’invocations ce jour-là est une autre grande erreur. Certaines personnes oublient complètement d’invoquer Allah, d’autres le font très peu.

Extrait d’un hadith chez Al-Bayhaqiyy : La meilleure des invocations est celle du jour de ‘Arafah…

LES ERREURS DU JOUR DE LA FÊTE DU SACRIFICE

• 1re erreur

Ne pas aller à la prière de la fête est une grande erreur. On remarque que les jeunes en particulier ne vont pas à cette prière.

C’est pourtant l’un des plus grands jours de l’année.

Hadith chez Abû Dâwûd : Les plus grands jours pour Allâh c’est le jour du sacrifice et le jour qui le suit.

• 2e erreur

Parmi ceux qui vont à la mosquée, certains sont habillés de vieux habits, sous prétexte qu’ils se changeront après leur sacrifice. C’est une erreur.

Au contraire, il faut imiter le Prophète, ‘alayhi salâm, et avoir une bonne allure, de beaux habits, une bonne odeur.

Ibnu ‘Umar mettait ses plus beaux habits les deux jours de fêtes. Certains compagnons rapportent même qu’il faut faire les grandes ablutions avant la prière.

• 3e erreur

Manger avant la prière de la fête. C’est en effet contraire à ce qui est légal.

Selon la sunnah, il ne faut manger qu’après la prière et manger d’abord de ce qu’on a sacrifié.

Hadith de At-Tirmidhiyy : le Prophète, ‘alayhi salâm, ne priait pas avant d’avoir mangé le jour de la fête de la rupture du jeûne et ne mangeait pas avant d’avoir prié pour la fête du Sacrifice.

Note : Bien sûr si on a la possibilité d’avoir la viande du sacrifice au retour de la prière, ce qui est difficile aujourd’hui en France. Dans ce cas, on mange au retour de la prière ce qu’on a à la maison. Mais on mange, il ne faut pas jeûner. Certains savants considèrent que cette sunnah concerne celui qui sacrifie la bête (celui qui la tue), pas les autres.

• 4e erreur

Ne pas faire la prière de la fête sous prétexte qu’elle n’est pas obligatoire. Le musulman qui peut la faire ne doit pas l’abandonner. C’est un rite que toute la communauté doit pratiquer. Celui qui la laisse sans excuse a commis une erreur importante.

• 5e erreur

Ne pas écouter la khutbah (sermon) qui suit la prière. Car le sermon, et écouter le sermon, contient de bonnes choses pour le croyant.

• 6e erreur

Ne pas donner de l’importance à l’aller et au retour de la mosquée.

Hadith chez Al- Bukhâriyy : En ce jour de fête, le Prophète, ‘alayhi salâm prenait un chemin différent pour aller et revenir de la mosquée.

• 7e erreur

Le fait de délaisser les vœux faits aux gens le jour de la fête. Il faut présenter ses vœux, favoriser les visites et le rassemblement des familles les unes avec les autres. Cela est recommandé religieusement. Comme le fait de se dire l’un à l’autre : « taqabbalallâhu minnâ wa minkum » (Qu’Allah accepte nos œuvres et les vôtres).

• 8e erreur

La croyance de certaines personnes qui vont au cimetière rendre visite à leurs proches, qui sont morts, pour les saluer, est une erreur. C’est une innovation dans l’Islam, un acte que les compagnons n’ont pas fait.

Ibn Taymiyyah dit qu’à partir du moment où quelque chose est fait dans la société de manière régulière, chaque année ou chaque mois ou chaque semaine, alors c’est une célébration, une fête. Et il n’y a de fête que ce qui est légiféré par Allâh, ‘Azza wa Jall, et Son messager, ‘alayhi salâm. Donc on ne peut pas dire qu’à l’occasion de la fête, on visite simplement les morts. Non, ça devient carrément une composante de la fête. Comme le Prophète et les compagnons ne l’ont pas fait, c’est une innovation claire. A bannir. On comprend donc clairement ce que le Prophète, ‘alayhi salâm, a voulu dire par le hadith : Ne faites pas de ma tombe une fête.

Bârakallâhu fîkum

Qu’Allâh purifie notre intentions, nos paroles et nos actions et qu’Il nous pardonne.

Wasslamu ‘alaykum

Note : Bien sûr si on a la possibilité d’avoir la viande du sacrifice au retour de la prière, ce qui est difficile aujourd’hui en France. Dans ce cas, on mange au retour de la prière ce qu’on a à la maison. Mais on mange, il ne faut pas jeûner. Certains savants considèrent que cette sunnah concerne celui qui sacrifie la bête (celui qui la tue), pas les autres.

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